
Lucien Bodard (extrait de ce livre) :
Quand je pense chats, je pense surtout, et toujours, à un couple de siamois que j’avais autrefois. Qui ont eu beaucoup d’importance pour moi. Je les avais appelés Caramel et Praline. Caramel, très beau, très grand, très mince, et que j’ai emmené d’Indochine à Hong-Kong en 1955 alors que j’étais reporter. Je l’ai appareillé à une chatte siamoise que j’ai baptisée Praline. Nous habitions une villa assez isolée dont Caramel et Praline étaient roi et reine. Lui, absolument superbe, très batailleur, très sauvage et en même temps très gentil, était très intimes avec moi. Tous deux ont eu constamment des enfants et comme ils étaient de race pure, je n’ai cessé de distribuer les rejetons. Dans l’Asie entière. Qui a leur tour se sont reproduits. Même dans le monde entier.
Excessivement coureurs, Praline et Caramel disparaissaient dans la nature, à tour de rôle ou en même temps, jusqu’au jour où ils ne revinrent plus. Quel fut leur sort ? S’étaient-ils installés ailleurs, avaient-ils été bouffés par des chinois ? Avaient-ils été accidentés, tués ? Restait leur progéniture. C’est ainsi que j’en suis arrivé à Praline et Caramel II, puis III, puis IV, puis V. Car je gardais toujours deux petits. Aujourd’hui, quand je parle de Praline et de Caramel, c’est surtout aux premiers de la dynastie que je pense. Mais c’est en même temps à toute la lignée. Pour moi, cette lignée, c’est presque comme une seule bête. Entre Praline et Caramel il y avait une grande différence. Elle (elles) était douce et en même temps très coureuse. Lui (les Caramel) je le revois comme un chat majestueux. C’était des siamois à longues queues, assez clairs avec des taches très noirâtres. Je les revois très costauds. Nous étions très, très copains. J’avais des relations d’amitié avec eux, des relations très proches, pas tout à fait comme avec des chats. De bons copains. Surtout les mâles. Ils venaient, on jouait. Les mâles surprenaient les gens car ils savaient ouvrir les portes. Praline et Caramel, c’étaient des bêtes, naturellement, mais elles avaient presque un aspect humain pour moi.
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