Extraits du Chat huppé (14-1)


Première partie (tout le chapitre est consacré aux chats siamois de l’intéressé)

senderens

Légende de la photo : Tom préfère le cou d’Alain à celui de Patrick.

Alain Senderens (extrait de ce livre) :

Par la fenêtre, les superbes et énormes clartés d’or de la Tour Eiffel illuminée. Dans le grand salon bureau où domine le noir, un vaste canapé clair. Des tableaux, des livres, tout un rayon, en haut, sur les chats. Entre Alain Senderens, sa femme Eventhia et leur fils Patrick, la conversation est animée. Très animée. Un problème au restaurant ? Une nouvelle recette à créer ? Non. Une seule préoccupation, passionnée : on parle chats. Tandis que Praline, qui ne cesse d’aller et venir, et Tom qui fait le tour du cou d’Alain, en dérangeant sa barbe soignée, écoutent, bien sûr, mais sans en avoir l’air. Une abyssine et un siamois. Un fou gentil et une sauvage douce. Qui s’entendent bien. Et qui aiment bien cette vie de chat qu’ils font mener à Alain, à Eventhia et à Patrick.

Alain : Quand on a acheté la chatte, elle s0appelait Amandine. J’ai préféré l’appeler Praline. C’est plus près de sa couleur. Ces chats, ils m’apportent tellement de choses, leur présence, leur affection. Ils sont là, discret, silencieux, je les aime, ils font partie de la famille. Ils sont marrants aussi. Quand ils se bagarrent parfois c’est tordant ! Quand je rentre le soir, ils me font la fête, ils courent partout, et d’être accueilli comme ça, c’est extra !

Eventhia : Un jour, il y a dix ans, chez un ami de province, une merveille absolue n’a pas cessé de se lover sur moi, de me suivre partout, j’étais sous le charme : un chaton siamois. J’ai dit à cet ami : « Je vais être obligé de  te voler ton chat, il m’aime trop. » La dame qui lui avait fourni le chaton en avait d’autres, qu’elle allait vendre au marché le lendemain matin. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec Loukoum. Dans la voiture, mon mari faisait une tronche pas possible ! Mais en rentrant à la maison, il a mis un petit coussin sur son bureau, le chaton a tout de suite sauté dessus et a commencé à faire une séance de charme inouï, conquérant Alain définitivement.

Alain : Loukoum est mort il y a sept ans. Par notre faute. On ne savait pas. Il adorait s’installer dans la cuisine au-dessus d’un gros radiateur. Idiotement, au lieu de l’en empêcher, nous le laissions faire. Pour qu’il soit encore mieux, nous lui avions même fait un joli coussin aux dimensions du radiateur. Et il restait là-dessus jusqu’à ce que sa langue pende par terre tellement il avait chaud. Et ensuite, cette andouille allait se mettre devant la porte d’entrée sous laquelle il y avait un courant d’air. Bien sûr, il a attrapé une pleurésie.

Eventhia : Il a été sous tente à oxygène pendant quarante-huit heures. On téléphonait, comme pour un enfant malade. Un soir, j’ai été le chercher. Il était mort. Je suis rentrée en pleurant tout les larmes mon corps. C’était peu avant Noël. Et le jour de Noël, sans s’être concertés, mon mari et mon fils sont arrivés chacun avec son cadeau, un chat !

Alain : Je me souviens d’un jour, à Chambéry, avec Loukoum. Nous ne savions pas si l’hôtel accepterait les animaux, alors nous n’avons rien dit et nous avons rentré le chat dans un sac-polochon, un sac avec fermeture éclair, il y avait juste la tête qui dépassait. Nous l’avons installé avec sa caisse de sciure dans la salle de bain. Avec de la nourriture. Et nous sommes allés dîner en ville, ne pensant pas qu’une femme de chambre viendrait faire la couverture ! En revenant, plus de chat, on le cherche partout, on l’appelle. Rien. Ma femme a enjambé tous les balcons-terrasse de l’hôtel, en appelant, pas trop fort : « Loukoum ! Loukoum ! » Toujours rien. Il y avait, en-dessous, un grand parc avec des arbres. Nous voilà partis tous les deux dans la nuit : « Loukoum ! Loukoum ! »  A la fin, nous étions très tristes et malheureux, imaginant le pire. De guerre lasse nous rentrons à l’hôtel. Dans le hall de réception, sur le plus beau canapé, le plus moelleux, nous voyons un truc étendu voluptueusement, à l’aise, pas paniqué du tout : Loukoum ! Il avait passé toute sa soirée là.

A suivre ici

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    […] Ragueneau, Luis Rego, Dr. Pierre Rousselet-Blanc, Claude Santelli, Henri Sauguet, Pierre Schaeffer, Alain Serendens, Serre, Jeanloup Sieff, Jacques Sternberg, Tardi, Pierre Troisgros, Simone Veil, Pr. Etienne Wolff, […]


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